Domicile Environnement Incivisme environnemental en zone urbaine, les citadins y contribuent massivement
stop l'incivisme environnemental dans nos villes!

Incivisme environnemental en zone urbaine, les citadins y contribuent massivement

par Ismaila Garba
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Les détritus, les sachets d’eau et de thé, les pots de yaourts, les mégots, etc., jetés par terre constituent les nouveaux produits gratuitement livrés dans nos grandes villes par les citadins qui y vivent. Les places et voies publiques sont souvent inondées par l’incivisme environnemental. Il est indéniable que nous assistons à une compétition de salissage à grande échelle dans nos villes dont les principaux champions sont principalement des noctambules. Cela dit, le moment idéal pour évaluer le vrai visage de nos villes sur l’incivisme, c’est bel et bien le matin de bonheur. La principale hypothèse émise est d’énoncer indubitablement que : les citadins contribuent massivement à l’incivisme environnemental, mais les « noctambules » participent plus que les « diurnambules ».

La nuit porte conseil pour les poubelles publiques…

Au crépuscule, les places et voies publiques deviennent les nouvelles poubelles mobiles à ciel ouvert. Tout est permis au nom de la fausse politesse qu’affichent les auteurs sous le ton : « C’est la mairie qui s’en occupe ! ».

Ce manque de conscience écologique de nos concitoyens les pousse à perdre le sens du civisme et à jeter fréquemment leurs déchets nuits et jours sur les voies et places publiques. Quelle image contemporaine auront nos grandes villes si tout le monde jette un « bout de déchets » chaque jour? Et après tout, ce sont eux qui chantent le fameux hymne des non contribuables écologistes : « Les villes sont sales ! Très sales ! ». 

Pourquoi jeter les déchets sur les voies et places publiques devient un geste anodin pour nos concitoyens ?

D’une manière générale, deux raisons principales (souvent dépendantes) justifient ce comportement anti écoresponsable. 

La première raison concerne « la nécessité de se débarrasser automatiquement de ce qui nous encombre ». Cette routine psychologique amène ses victimes à croire par exemple qu’un sachet ou une bouteille d’eau n’est utile que lorsqu’elle est pleine. Une fois vide, elle devient vite embarrassante et représente alors un objet dont il faut rapidement se décharger. Malheureusement, les poubelles ne sont pas toujours à portée de main et jeter son déchet par terre devient alors une solution de facilité.

La deuxième raison dénonce « l’impunité sociale ». L’inexistence ou le manque d’application desamendes liées aux rejets des ordures sur les places publiques constituent une véritable passerelle pour beaucoup de concitoyens. Un acte déplorable auquel s’ajoute aussi un phénomène de dédouanement de responsabilité : « Si les autres le font, c’est que ça ne doit pas être si grave que ça. De toute façon, les agents de propreté seront là pour nettoyer… » Tucoenergie, 2022.

Quel impact sur l’environnement ? Quelques chiffres édifiants…

Au Niger, par exemple, malgré les mesures prises par le gouvernement pour inciter les citoyens à adopter un comportement éco-responsable à travers le Ministère en charge de l’environnement et les ONG nationales et internationales, le chemin reste encore loin à atteindre.  Jeter ses déchets par terre reste en effet pour beaucoup un geste anodin, mais les conséquences qu’il engendre sur nos villes sont pourtant dévastatrices. Quelques chiffres témoignent de nos « soi-disant » gestes insignifiants : 

  • La moitié du plastique fabriqué dans le monde devient un déchet en moins d’un an. En outre, une fois jeté, ce sont plusieurs centaines d’années de pollution qui s’annoncent, le temps que le plastique se soit intégralement décomposé. 100 ans pour un briquet par exemple, 450 ans pour un sachet plastique et jusqu’à 1000 ans pour une bouteille d’eau.
  • Les cigarettes mettent en moyenne 12 ans pour se dégrader totalement, les filtres se dégradent entre 1 et 2 ans, mais l’un de ses composants, l’acétate de cellulose, met quant à lui près de 10 ans pour se biodégrader.
  • Sachant qu’un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau, les répercussions des déchets de mégots à l’échelle mondiale sur les ressources en eau sont catastrophiques. Les mégots infusent littéralement dans les eaux de pluie, laissant s’échapper nicotine, métaux lourds et résidus de pesticides en quantités toxiques pour les écosystèmes. Pire, chaque cigarette contient près de 4000 substances chimiques, dont une centaine sont toxiques voire cancérigènes, comme la nicotine, les phénols ou encore les métaux lourds. Et ces substances nocives finissent pour la plupart dans les égouts et se retrouvent dans les réseaux d’assainissement des eaux qui ne sont pas équipés pour leurs traitements.
  • Les ordures jetées dans les voies et places publiques constituent une source potentielle de maladies dites environnementales parce qu’elles sont liées étroitement à l’état de dégradation de l’environnement : Paludisme, Choléra, etc.
Sources : Etude de l’Imperial Collège London publiée, 2018 ; OMS, 2017

Ce qu’il faut comprendre …

Notre bien-être dépend étroitement de la nature sanitaire de notre matrice environnementale. Le civisme environnemental fait partie des qualités incontestables de tout pays émergent. En tant que citoyen, nous devrons nous libérer des pensées dévastatrices qui nourrissent le cercle vicieux de la pollution car plus un lieu est sale et moins les individus en prennent soin !

Il est clair que notre système d’urbanisme et d’assainissement accouplés à notre vie sociétale rendent difficile l’application des amendes propres au rejet des ordures sur les voies et places publiques, mais toutefois son existence est nécessaire.  En outre, une veille de conscientisation et de sensibilisation à travers les plaques publicitaires et le déploiement épisodique de la police municipale sur tous les endroits d’activités intenses (les grandes voies, les marchés, places publiques, etc.) pourraient atténuer, voir éradiquer le mauvais comportement éco-responsable.

Nous sommes tous une partie de la cause de l’incivisme environnemental, mais nous sommes aussi une partie de la solution.

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